C’est la merde…

Tout créatif qui se respecte est passé, passe et passera par le syndrome de la page blanche. Plus crainte que Lord Voldemort faisant du pen spinning, cette feuille monochrome est la hantise des artistes. Le problème n’est pas réservé aux écrivains professionnels, et touche toutes les strates créatives et tous les niveaux de pratique.

Mais alors concrètement, d’où ça vient ?

Le syndrome de la page blanche est avant tout un blocage psychologique. Une réaction subconsciente à l’hypothèse de ne plus pouvoir produire de contenu, à l’obsession de ne plus être assez inspiré pour commencer ou achever notre tâche. Tu sens déjà les sueurs froides ? ðŸ˜°

Ce blocage peut-être provoqué par 4 facteurs :

  • Le perfectionnisme 

C’est un atout pour certains, et un calvaire pour d’autres. La frontière est très mince, et il est malheureusement trop facile de la franchir sans s’en rendre compte. Ratures, suppressions en continu, procrastination… cela peut vite devenir du moon-walk, et avançer à reculons. Et une fois franchie du côté obscure, cette frontière peut s’avérer très difficile à traverser en sens inverse.

  • Une explosion d’idées ðŸ’£

Qu’est-ce que tu nous racontes coco, le syndrome de la page blanche c’est lorsqu’on n’a pas assez idées !
– Jean-Bernard du Var 🤓

Hello Jean-Bernard, enchanté! Pour répondre à ta question: non, le syndrome de la page blanche est un blocage psychologique. Cela veut dire que tu peux avoir des idées folles, et être incapable de produire une seule ligne. D’ailleurs psst ça reste entre nous, mais LeBrouillon.com existe pour t’aider à contrôler cette effervescence créatrice… alors abonne-toi à la newsletter dès maintenant ðŸ™Š

  • La difficulté du projet

Ecrire les mémoires de Mesrine pour un client alors que tu écris d’habitude des contes pour enfants, c’est pas un exercice facile. Face à la difficulté de la tâche, un blocage mental peut s’interposer assez rapidement. Et si en plus t’es assez chanceux pour coupler ce facteur avec celui du perfectionnisme, ton ébauche de contenu peut vite se fossiliser.

  • Une contrainte temporelle ou pécunière â³ðŸ’¸

Les contraintes techniques font partie des facteurs les plus compliqués à surmonter. Comme de vieux démons qui nous hantent, ils sont particulièrement coriaces et peuvent rapidement devenir contre-productifs. Une série d’articles sera prochainement consacrée à l’organisation du processus créatif en fonction de ces contraintes et du type de projet à produire.

 

… Cool. Merci pour ces infos hyper-anxiogènes, maintenant j’accumule les 4 facteurs. Du coup je fais quoi smartass?
– Jean-Bernard du Var 🤓

Sacré Jean-Bernard, t’es un coriace.

Des techniques existent pour prendre du recul sur ce blocage psychologique. Chaque individu réagit différemment, mais tu peux aisément tenter les 8 méthodes suivantes en fonction de ton problème.

 

1- Se forcer à produire

Non, ne m’insulte pas de connard tout de suite. Si cette p*tain de page est toujours aussi blanche, ce n’est pas parce que tu n’as pas d’idées. Non. Mais parce que le projet te semble insurmontable, que tu ne sais plus par où commencer.

Alors commence un brouillon. Ouvre immédiatement un fichier WORD, ou prends une feuille à la volée et un stylo si t’es old-school. Ecris tes idées en vrac, sans aucun filtre ou contrainte. Tout ce qui te passe en tête. Chaque bribe d’idée doit finir écrite. Tout de suite. Maintenant. Et fais gaffe je te surveille par la webcam ðŸ‘€

Si tu es perfectionniste, dis-toi que la perfection d’un contenu ne peut être envisagée que si le contenu existe.

Si tu es sous contraintes, il est plus facile d’adapter ton contenu à l’astreinte, plutôt que d’astreindre ton contenu.

Tu vas très vite te rendre compte qu’une fois le processus créatif (ré)amorcé, c’est comme mettre du diesel dans une Fiat Panda : ça va finir en drifts sur le parking d’Auchan.

Le brouillon est un art, alors abonne-toi maintenant Ã  la newsletter pour finir sensei de la créativité.

 

2- Faire autre chose 

Après des heures et des heures consécutives de recherche intensive, tu peux finir à court d’idées. C’est ce qu’on appelle dans le langage des moldus la fatigue psychologique ðŸ˜´

Là c’est très simple : fais autre chose, et ouvre ton esprit. Dans les métiers créatifs, il est très facile de finir en burn-out par manque de rigueur personnelle. Prends du recul sur la situation, et profite d’un moment qui ne te met pas en relation directe avec la tâche que tu dois fournir – aller sur Facebook ou regarder TPMP ne comptent pas.

Marcher quelques minutes, partir quelques jours en vacances, prendre un verre avec des potes sans parler boulot, lire des articles inspirants, commencer à jouer d’un instrument… Fais une activité qui te permettra de faire un reset de ton inventivité, et qui t’ouvrira de nouvelles portes. Et ne pense pas que cela va te faire perdre du temps si tu es sous contrainte temporelle, au contraire. Au lieu de rester bloqué pendant 3h, t’aérer l’esprit 30 minutes va te permettre de débloquer 2h30 de créativité.

ATTENTION: Mets toi des limites temporelles pour ne pas tomber en procrastination décomplexée.

 

3- Sauter une étape 

Impossible de finir cette foutue phrase, elle ne vient pas… Et bien saute la ?

Passe à la suite de ta production, tu pourras aisément revenir à ton blocage une fois que le reste sera formalisé. Le fait de ré-amorcer ton processus créatif en sautant l’étape difficile te permettra de reprendre le contrôle du contenu.

ATTENTION: N’oublie pas d’y revenir dès que tu as les idées plus claires. Oui parce que si tu l’oublies, c’est un peu con.

 

4- Gamifier le projet 

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La Gamification correspond à rendre ludique la réalisation d’un projet. Concrètement ?

Chaque fois que tu écris 500 mots, tu as droit à un shot de vodka une pause de 20min.

Pour que cette gamification soit efficace, il faut tout d’abord que tu décomposes ton projet en plusieurs petites tâches. Pour la réalisation de chaque tâche, tu dois te permettre une récompense. La bonne nouvelle est que tu connais tes propres envies, c’est donc assez facile de déterminer ce qui te donnerait envie d’avancer.

ATTENTION: Evite de te dire que chaque tâche réalisée vaut un Oreo, t’es pas un chien qui bouffe des susucres.

 

5- Réactiver ta créativité 

"La créativité, c’est simplement établir des connexions entre les choses. Quand vous demandez aux personnes créatives comment elles ont réalisé telle ou telle chose, elles se sentent un peu coupables parce qu’elles ne l’ont pas vraiment réalisé, elles ont juste vu quelque chose."
— Steve Jobs

La créativité ne se perd pas. Elle se désactive.

Pour la réactiver il existe des dizaines d’exercices quotidiens à effectuer, et que nous prendrons le temps d’aborder dans de prochains articles. Une des manières les plus simples et instantanées de réactiver ta créativité est de regarder autour de toi, et d’imaginer des histoires en relation avec ton domaine d’activité.

Maintenant ferme les yeux, prends un mot/expression au hasard, et essaye d’illustrer mentalement une série de mots-clés et de sensations qui s’y rapportent. Tu vas très vite pouvoir créer une histoire avec ce flux de sensations, et te plonger dans une catchline.

Ex: Tu es Youtuber et tu galères à trouver le sujet de ta prochaine vidéo ? Fais une liste de 10 idées avec le mot « café », et tu vas vite te rendre compte que tu peux trouver des choses assez fun – comme essayer de lire l’avenir dans le marc de café selon un tuto trouvé au hasard sur internet, et te rendre compte que le futur pue pour toi.

 

6- Faire des recherches sur le sujet 

Un nouvel outil révolutionnaire vient d’envahir le marché, clique ici.

Prends le temps d’effectuer des recherches sur ton nouveau projet. Comme disait Lavoisier: « Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme« ; le temps n’est jamais perdu lorsque tu te renseignes sur un sujet.

Au contraire, tu transformes des futures heures de galère en minutes de production.

ATTENTION: Si tes recherches sont un peu chelou pour un scénario impliquant un terroriste, utilise plutôt Tor pour éviter de voir le F.B.I. débarquer chez toi ðŸš¨

 

7- Discuter avec d’autres professionnels

Qui de mieux pour te conseiller que quelqu’un ayant été confronté aux mêmes problèmes ?

N’aie pas peur d’échanger, discuter, même si la concurrence est rude. Très souvent les finalistes ne sont pas les solitaires, mais ceux qui ont réussi à s’allier jusqu’à la finale – t’as jamais regardé Koh Lanta ?

Dans les métiers créatifs, il y’a cette légende urbaine associée au vol d’idées. Or les idées sont par définition volatiles et universelles. Ce qui importe est l’interprétation que l’on y donne, et c’est pour cela qu’il existe des milliers d’entreprises pour un même secteur. Echanger permet d’actualiser sa vision sur l’industrie et de prendre conscience des nouveaux enjeux. Les meetups, salons et Twitter seront tes meilleurs amis.

Et paf, de débloquer les soucis de page blanche actuels.

ATTENTION: Le but est de provoquer un déblocage psychologique sur un problème précis, de s’en inspirer, et non de devenir omnubilé par une nouvelle méthode de production qui ne te convient pas forcément.

 

8- Prendre un nouvel angle d’attaque 

Tu as tenté les 7 premières solutions, mais ton projet reste au point mort ? Il faut que tu prennes un nouvel angle d’attaque pour vaincre cette page blanche.

"Échec ou réussite, ce que l’on tente est mieux que le sommeil. "
— Robert Sabatier

N’aie pas peur de laisser le projet de côté s’il est personnel, quitte à y revenir dans plusieurs mois. Ou pour le recommencer sous un autre angle en prenant la matière que tu as déjà écrite.

Si tu as un commanditaire, il faut que tu trouves un nouvel angle d’approche. Et si tu changeais le format ? N’hésite pas à faire comprendre que le projet sera beaucoup plus approprié sous cette nouvelle forme. S’il fait appel à tes services, c’est qu’il considère que tu es l’expert créatif. Avec de la diplomatie, tu peux faire comprendre que ta vision permettra de rendre le sujet plus intéressant pour l’audience ðŸ“ˆ

 

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